8. Lourmel

Je pense beaucoup à toi ces temps-ci. Et à toi aussi, avec un sourire au goût étrange. Mettre sa vie en boîtes c’est passer ses souvenirs au shaker, à une vitesse pas toujours agréable pour le cœur. Comme un mal de mer, mais avec un goût de gratitude.

J’ai honte, vous n’êtes pas mes seules disparues… Pourtant c’est vous. Où que je me tourne en ce moment, il y a une trace de votre passage sur terre et dans ma vie.

Toi qui m’as offert un modèle de charité, de compassion et d’amour. Toi mon modèle de femme à toute épreuve qui ne perdit jamais sa foi, toi qui fis tout ce qu’il était possible de faire pour une cause plus grande que toi : ta famille. Je n’ai pas de désir d’enfants, mais l’oubli dans une cause, le sens et le souci des autres et la Foi, celle qui ne demande même pas à déplacer des montagnes, car elle les efface, tout cela je le porte en moi. Comme ton prénom et ta silhouette, ma Maminette éternelle qui est quelque part là-haut, auprès de ta si chère « Sainte Vierge qui écoute tout ».

Pas très loin de toi, il doit y avoir une amie à moi. Elle disait ne croire en rien, mais sait-on jamais, elle s’en remettait quand même à Dieu, comme ça, par habitude ancestrale, quand sa vie était trop lourde à porter. Elle m’a donné la chance d’être celle que je suis, elle m’a ouvert les portes du monde où je voulais m’établir. Oui, certainement comme les gens qui t’avaient aidée à passer les Alpes… Elle m’a fait passer dans l’âge adulte en me donnant sa confiance, un emploi et même une vocation, elle a comme débroussaillé un carrefour de ma vie où je ne voyais pas le chemin à emprunter.

Bien sûr il n’y a pas que ça. Chaque jour il y a mille détails qui me rappellent que je vous porte dans mon cœur, dans mon éthique : l’attention du détail, le cœur à l’ouvrage, l’attachement a des traditions. Finalement vous vous ressembliez, vous portiez des valeurs semblables. La foi t’a manquée, mon amie. Et, pardonne-moi, mais je prie chaque jour pour qu’elle ne me quitte jamais, pour ne pas suivre ton chemin, et je m’en veux encore parfois de ne pas avoir su faire bifurquer le tien. Tu m’as ouvert un monde entier, tu as élargi à l’extrême mon horizon, tu m’as donné des amis qui sont une famille. Combien de fois pensons-nous à toi en nous regardant? Sans en parler, nous savons seulement, et nous sourions d’un souvenir commun, d’une réflexion que tu aurais faite, des désaccords que nous aurions pu avoir. Tu m’as donné ce que tu avais perdu de vue, peut-être…

C’est comme ça que je veux me rappeler de vous : celle qui a posé le seuil de mon chemin et celle qui m’a rappelé où il était. C’est grâce à vous que je peux me dire femme aujourd’hui, c’est grâce à vous que je peux être une « Wonderwoman » pour certains. Maminette, ceux-là ne te connaissaient pas, sinon ils auraient vu ce que c’est, une vraie superhéroïne…

 

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